Alcool : le mythe des bienfaits sur le cœur

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AbdelHaqq
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Alcool : le mythe des bienfaits sur le cœur

Messagepar AbdelHaqq » Jeu 29 Juin 2017 21:00

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Les supposés effets bénéfiques d’une faible consommation seraient le fruit de biais dans la sélection des populations étudiées.

Aux épices pour la fièvre, blanc comme diurétique, rouge contre les maux de ventre… D’Hippocrate à Pasteur, les vertus médicinales du vin ont été chantées sur tous les tons. Puis la science a déniché un prétendu «French paradox», selon lequel une consommation modérée d’alcool serait bénéfique pour le cœur.

«Les alcooliers ont cru toucher le pactole!», sourit le Pr Pierre Ducimetière, épidémiologiste qui a présidé récemment la rédaction d’un avis d’expert de Santé publique France et de l’Inca. Il plaidait pour que les autorités sanitaires informent mieux le public sur les dangers de toute consommation d’alcool.

 «La faible mortalité enregistrée en France était en fait due… à une sous-notification des décès provoqués par un problème coronaire ! 

Vieille de plus de trente ans, cette idée de supposés bienfaits de l’alcool reste fermement enracinée dans l’esprit du grand public… et d’un certain nombre de médecins. Elle a pourtant été largement et régulièrement écornée. Notamment, raconte le Pr Ducimetière, «la faible mortalité enregistrée en France était en fait due… à une sous-notification des décès provoqués par un problème coronaire!».»

Une étude publiée dans le Journal of Studies on Alcohol and Drugs ajoute une pierre de plus dans le jardin des buveurs «modérés». Les auteurs américains ont réanalysé les données de 45 études (près de 3 millions de sujets au total) comparant la mortalité cardio-vasculaire des faibles consommateurs d’alcool et des abstinents. «L’association entre la consommation d’alcool et la réduction du risque de maladie coronaire (…) n’est pas observée chez les personnes âgées de moins de 55 ans au début de l’étude, ni dans les études de bonne qualité, ni dans les études où la santé du cœur était contrôlée au début», concluent-ils, comme ils l’avaient déjà fait un an plus tôt.

«Il n’est pas illogique de penser qu’une partie des gens qui arrêtent l’alcool le font parce qu’ils avaient des problèmes de santé» 
Pierre Ducimetière

Quant à l’apparente protection au-delà de 55 ans, elle ne serait que le reflet de «biais de sélection systématique», estiment les chercheurs: si les plus âgés en bonne santé sont aussi ceux qui s’autorisent un verre ou deux par jour, est-ce que l’alcool est responsable de leur bonne santé ou au contraire cette dernière leur a-t-elle permis de ne pas y renoncer? Ces «survivants en bonne santé» cacheraient en fait tous ceux morts ou tombés malades à cause de l’alcool, mais d’un problème autre que cardiaque (accidents, cancer…), ou ceux que la maladie a obligés à renoncer à l’alcool.

Quant au groupe des abstinents, la plupart des études y comptent ceux qui n’ont jamais bu et ceux qui ont arrêté de boire. «Il n’est pas illogique de penser qu’une partie des gens qui arrêtent l’alcool le font parce qu’ils avaient des problèmes de santé», observe Pierre Ducimetière.

«Les gens doivent savoir qu’il y a un risque. Jusqu’à 2 à 3 verres par jour, la hausse de la mortalité est dans l’épaisseur du trait. Au-delà, elle devient exponentielle»
Michel Reynaud, professeur de psychiatrie et d’addictologie

De quoi fragiliser les discours en faveur d’une consommation modérée, estiment les experts. «Il n’y a pas de consommation saine d’alcool!», s’agace ainsi le Dr Alain Braillon, responsable de l’unité d’alcoologie au CHU d’Amiens. «L’alcool est un cancérigène et une drogue. L’effet bénéfique sur les coronaires reste à prouver. Et si tant est qu’il existe, il est très modéré, et sans commune mesure avec les risques de cancer qui, eux, augmentent dès le premier verre!». «Les gens doivent savoir qu’il y a un risque. Mais jusqu’à 2 à 3 verres par jour, la hausse de la mortalité est dans l’épaisseur du trait. Au-delà, elle devient exponentielle: à 5 verres, vous doublez votre risque!», estime, pour sa part, Michel Reynaud, professeur de psychiatrie et d’addictologie, président du Fonds Actions Addictions et fondateur du portail Internet «Addict’Aide». Mais même à faible dose, «l’alcool reste un produit dangereux et difficile à manier» du fait du risque d’excès.

Faut-il alors infléchir le discours public? «Au départ, la loi Évin prévoyait que le message de santé publique serait: “l’alcool est dangereux pour la santé”, assène Alain Braillon. Ce sont les alcooliers qui, au Parlement, on fait ajouter la notion d’abus.» Reste à savoir qui, des médecins ou des marchands de vin, aura le dernier mot. Les professionnels de santé experts en alcoologie sont vent debout contre la nomination d’Audray Bourolleau comme conseillère agriculture auprès du nouveau chef de l’État. L’ancienne déléguée générale de Vin & Société, organisme chargé de défendre les intérêts de la filière viticole, avait réussi à obtenir des parlementaires un assouplissement des règles encadrant la promotion du vin lors de l’examen de la loi santé en 2015. À l’époque, Agnès Buzyn, la présidente de l’Institut national du cancer, s’était dite «très inquiète». Pas sûre qu’installée au ministère de la Santé, elle réussira à avoir l’oreille d’Emmanuel Macron contre un lobby qui reste extrêmement puissant…

souce: lefigaro



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