Serge Grouard député (LR) aux musulmans: vous devriez avoir plus de devoirs que de droits.

Le remède? coupez la télé! Vous avez été témoin ou même victime d'actes islamophobes? à vos claviers.
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AbdelHaqq
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Serge Grouard député (LR) aux musulmans: vous devriez avoir plus de devoirs que de droits.

Messagepar AbdelHaqq » Dim 10 Avr 2016 02:43

En italique quelques commentaires.

Lettre aux Musulmans de France.

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Vous êtes nouveaux sur la terre de France.

Une cinquantaine d’années pour la plupart d’entre vous dans un pays qui en compte deux mille. A ce titre, du point de vue éthique et non pas bien sûr juridique, vous devriez avoir plus de devoirs que de droits.

Ça démarre sur les chapeaux de roues dites moi et ça nous rappelle le statut juridique des indigènes d'Algérie pendant la colonisation tout ça. Alors pourquoi ne pas allez droit au but et faire un statut spécifique cette fois non pas aux algériens mais aux musulmans.

Devoir de respect pour les valeurs, les traditions, le mode de vie de ceux qui vous ont accueillis. Devoir d’intégration qui en découle. Pour certains d’entre vous, c’est une évidence. C’est même plus que cela. C’est une liberté que vous n’aviez pas forcément ailleurs. C’est devenu une devise : « Liberté, Egalité, Fraternité », qui prend toute sa force lorsque l’on évoque l’égalité homme/femme. Certains d’entre vous, comme beaucoup d’autres Français, sont morts pour cela. Il ne saurait donc y avoir d’amalgame. Mais vous êtes aussi, pour d’autres parmi vous, dans le registre inverse qui va de la revendication du droit à la différence jusqu’au communautarisme et au repli identitaire. Certains d’entre vous sont dans l’indifférence, d’autres dans le refus et le combat idéologique. Quelques-uns ont sombré dans la violence.

"de la revendication du droit à la différence" Pourquoi une loi stipule que nous devons tous être identique? Et "liberté, égalité, fraternité", le moment n'est pas mal choisi?

Le terrorisme est le fait de quelques dégénérés. Nous en sommes tous – ou presque – d’accord. Mais personne ne peux nier qu’il se revendique d’une idéologie ou d’une théologie, comme l’on veut, islamiste. Il faudra bien que vous l’admettiez et que nous l’admettions tous. Nous sommes bien confrontés à deux problèmes très différents, mais qui peuvent se nourrir l’un l’autre. Le premier est celui de cette violence extrême qu’il faut éradiquer. Le second est, que vous l’appeliez dans de subtiles nuances, fondamentalisme ou salafisme, le refus de partager des valeurs et un mode de vie communs. Ne vouloir s’attaquer qu’au premier en refusant hypocritement de combattre le second nous conduit tous dans l’impasse.

Face à cela, les Français sont très tolérants. Il y avait en France cinq mosquées en 1965. Cinquante ans plus tard il y en a 2500 et quelques (mosquées et lieux de prière). Je vous pose cette simple question : Quel pays musulman aurait accepté de construire autant d’églises en si peu de temps ?

Il faudrait nous trouver un pays musulman avec ces courbes. Un pays musulmans dévasté par une guerre, suivi d'une "importation" de main oeuvre bon marché
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Ce qui est de la tolérance, certains d’entre vous le pensent renoncement voire lâcheté. Vous n’avez peut-être pas complètement tort. Au nom des libertés publiques, nous avons toléré ce qui était intolérable. Nous avons accepté au nom de la liberté d’expression, des prêches obscurantistes, qui sont autant de lavages de cerveaux. Notre tolérance a trop souvent dérapé vers une logique de l’excuse et une coupable hypocrisie. Lâcheté lorsque l’on a préféré s’accommoder de ces provocations plutôt que de soutenir celles et ceux qui dans vos communautés avaient le courage de les refuser. Lâcheté encore dans nos quartiers où l’on achetait une paix factice au prix du renoncement aux fondamentaux de notre République. Hypocrisie aussi dans vos silences gênés encore après les attentats de Charlie Hebdo. Lâcheté enfin, dans nos propres renoncements du quotidien. Il est grand temps que vous le compreniez, que vous l’acceptiez et que vous y souscriviez.

Parce que vous êtes nouveaux sur la terre de France, c’est d’abord à vous de vous adapter à nous et non pas l’inverse. D’abord au plan théologique, il n’est que temps que vous fassiez cette révolution de la séparation de la Religion et de l’État. D’autres l’ont fait avant vous, il est vrai dans la douleur. Pourquoi pas vous ? Cela emporte des conséquences très concrètes, tenant à la séparation de la sphère privée et de la sphère publique. Cela veut dire que dans le domaine public, il ne peut pas y avoir de ces manifestations de communautarisme allant parfois jusqu’à la provocation. Je veux le dire clairement : le voile n’est pas dans nos traditions comme il n’est pas normal qu’il y ait des menus différenciés à l’école. Par quelle aberration certains d’entre vous osent-ils prétendre, osent-ils défendre l’infériorité de la femme par rapport à l’homme pour mieux la soumettre ? Il n’est que temps que cesse cet obscurantisme dans un pays où les femmes ont beaucoup lutté pour parvenir à une égalité encore très imparfaite. Cette lancinante question de la ségrégation des femmes au quotidien ne peut que nous diviser et nous divisera de plus en plus dans l’avenir, sauf à ce que vous excluiez de la manière la plus nette qui soit, toutes celles et ceux qui la prônent et l’imposent.

La France est sous tension et depuis longtemps. Les attentats ont plus révélé cette tension qu’ils ne l’ont créée. Partout dans le monde, s’agrandissent des lignes de fracture avec le monde musulman. Beaucoup de Français en ont assez. Attention ce peuple tolérant est aussi violent et il l’a montré dans son histoire.

Vous, Musulmans de France, vous avez une immense responsabilité. Celle de faire votre révolution intérieure. Vous pouvez porter un beau projet, celui de concilier religion et modernité. Parmi vous, des esprits éclairés vous y appellent. Écoutez-les ! Et nous, nous pourrons alors vous y aider.

Mais ça consiste en quoi exactement concilier religion et modernité? Et qui sont donc ces esprits éclairés? Tant de questions sans réponses, je ne vais pas trouver le sommeil!



ALICAR
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Re: Serge Grouard député (LR) aux musulmans: vous devriez avoir plus de devoirs que de droits.

Messagepar ALICAR » Dim 10 Avr 2016 10:17

AbdelHaqq a écrit :Mais ça consiste en quoi exactement concilier religion et modernité?


Etre capable de comprendre le mot "sécularisation".

AbdelHaqq a écrit : Et qui sont donc ces esprits éclairés? Tant de questions sans réponses, je ne vais pas trouver le sommeil!


Ghaleb Bencheikh, Rachid Benzine, Kamel Daoud, Abdennour Bidar, Boualem Sansal, Ahmed Aboutaleb ...


Abdennour Bidar : Les musulmans doivent passer à la responsabilité de l'autocritique / FIGAROVOX - 19/11/2015

(Dans un texte publié dans plusieurs quotidiens de toute l'Europe, l'intellectuel met en garde contre le piège que tend l'Etat Islamique et lance un appel aux voix de la transformation de l'islam.)

"Suite aux attentats effroyables de Paris, il y a un piège dans lequel nous ne devons pas tomber: la stratégie claire de Daesh est de provoquer le chaos dans la société française en alimentant la peur, qui va nourrir le vote d'extrême droite. Au-delà, c'est le risque que partout en Europe ces attentats aggravent encore la suspicion et le rejet à l'égard de nos concitoyens musulmans en provoquant une flambée de l'intolérance et de la haine. Car en France aujourd'hui, et dans bien d'autres pays européens se creuse dramatiquement le fossé d'incompréhension entre les musulmans et les autres: d'un côté une véritable allergie se répand à l'égard d'une religion perçue comme violente et agressive, de l'autre se propage le sentiment d'être toujours plus «montrés du doigt», stigmatisés. Le rejet n'en finit plus de monter des deux côtés: les uns rejettent, les autres se sentent rejetés. Voilà le mécanisme, l'engrenage maudit, qui pourrait dresser demain nos populations les uns contre les autres dans des tensions civiles très graves. Face à cela, nous devons avoir un sursaut de lucidité collective: être capables de comprendre le piège à temps, et l'éviter tous ensemble, non musulmans et musulmans unis, avant que ne se déclenche son mécanisme de désastre sur les plans social et politique.

"Car comme le dit le proverbe français, « le ver est dans le fruit » : ce n'est pas seulement le terrorisme djihadiste qui nous envoie de mauvais signaux en provenance de cette civilisation et culture musulmane, mais l'état général de celle-ci."

Au bord de ce péril, les réactions des musulmans eux-mêmes qui expriment leur dénonciation de Daesh sont nécessaires et salutaires, indispensables pour faire diminuer la suspicion à l'égard de l'islam. Mais c'est insuffisant. Tragiquement insuffisant. Il ne suffit plus de dire «ne faisons pas l'amalgame entre islam et islamisme». Comme je l'ai écrit dans ma Lettre ouverte au monde musulman, les musulmans du monde entier doivent passer du réflexe de l'autodéfense à la responsabilité de l'autocritique. Car comme le dit le proverbe français, «le ver est dans le fruit»: ce n'est pas seulement le terrorisme djihadiste qui nous envoie de mauvais signaux en provenance de cette civilisation et culture musulmane, mais l'état général de celle-ci. Voilà en effet une culture tout entière qui est menacée par la régression vers l'obscurantisme, le dogmatisme, le néo-conservatisme, le rigorisme incapable de s'adapter au présent et aux différents contextes de société… et qui, c'est le comble, parle parfois de liberté de conscience pour réclamer le droit de donner libre cours à sa radicalité, ou pour faire valoir publiquement ses «principes éternels», sa «loi divine intangible et indiscutable», comme si quelque chose pouvait et devait échapper aussi bien à la marche de l'histoire et à la volonté des hommes!

De plus en plus de musulmans prennent conscience qu'il y a là un cancer interne de civilisation gravissime, un cancer qui se généralise à grande vitesse et face auquel les courants progressistes reculent. Un cancer face auquel les musulmans lucides souffrent de voir leur religion ainsi dégénérer, et se sentent terriblement impuissants. Qu'ils ne se laissent pas paralyser par ce sentiment d'impuissance! L'optimisme est une responsabilité. Quand on agit, il n'y a plus de place pour la peur et le désespoir. La tâche est qu'il faut de tout faire, chacun à son niveau, chacun avec ses moyens, pour régénérer, réinventer, métamorphoser cette culture spirituelle en perdition. Et pour cela la première chose à comprendre est qu'il faut arrêter de dire seulement «le vrai islam ce n'est pas cela», «cet obscurantisme ce n'est pas l'islam de mes grands-parents, de mon village, ou des âges d'or de l'islam, comme l'Espagne andalouse». Ce type de nostalgie ne vaut guère mieux face à la gravité du présent que la solution des salafistes qui veulent revenir à un «islam originel», à un «islam pur», à un «noyau» ou à une «essence» de l'islam. Rien de plus stérile que de vouloir fabriquer du futur avec le passé! Rien de plus dangereux que de vouloir faire triompher la «pureté» de quoi que ce soit: ce fantasme de «pureté» passe toujours, l'histoire nous l'a enseigné, par la «purification totalitaire» de tout ce qui n'est pas conforme au modèle!

"C'est en participant à tous ces combats que les musulmans d'Europe pourront affirmer une voix propre, et peut-être construire le modèle d'une autre identification à la culture musulmane non plus repliée sur elle-même, sur la défense de son identité et de ses intérêts mais ouverte et engagée dans une logique de contribution au bien collectif."

Pour dire cela, combien sommes-nous? D'intellectuels de culture musulmane? De philosophes critiques? De consciences engagées? Dès aujourd'hui, il faut que du côté musulman les voix de la transformation soient beaucoup plus nombreuses et puissantes - et que même nous entendions dans ce concert la voix de plus de théologiens ou d'imams, bien qu'en tant que philosophe je suis toujours très prudent avec les «clercs éclairés»: même ouvert d'esprit jusqu'à un certain point, le savant ou le chef religieux restent des «maîtres de religion» attachés au noyau du dogme, et face auxquels toute conscience doit garder farouchement sa vigilance et sa liberté. La responsabilité des musulmanes et de musulmans dans nos sociétés européennes? Elles et ils doivent s'engager massivement, pas seulement en tant que croyants de telle religion mais en tant que citoyens qui participent au progrès moral et social général, à la reconstruction ici en Europe de sociétés plus justes, plus fraternelles. Contre le libéralisme sauvage, contre les inégalités entre riches et pauvres, contre le matérialisme anti spirituel de nos sociétés. C'est en participant à tous ces combats que les musulmans d'Europe pourront affirmer une voix propre, et peut-être construire le modèle d'une autre identification à la culture musulmane - non plus repliée sur elle-même, sur la défense de son identité et de ses intérêts mais ouverte et engagée dans une logique de contribution au bien collectif.

Comme toujours, l'intellectuel est en première ligne, il doit monter au front des idées, des propositions, de l'ouverture de nouveaux horizons de sens et de société. Il doit porter un projet de civilisation nouveau face à la «fin des idéologies» et au «désenchantement du monde» où nous sommes tombés en Occident. C'est ce que j'essaie de faire aussi bien dans ma Lettre ouverte au monde musulman que dans mon Plaidoyer pour la fraternité. Dans ces deux essais publiés en 2015 suite aux attentats de janvier à Paris, je n'écris pas «en tant que philosophe de culture musulmane qui ne s'adresserait qu'aux musulmans». A partir de ma double culture française et musulmane, j'essaie d'expliquer que nous sommes tous maintenant, musulmans et occidentaux, et la planète entière avec nous, confrontés à une immense question qui fait son grand retour au milieu du monde humain: la question du sacré. Voilà le défi du siècle qui s'ouvre. Il nous renvoie non pas à la crise écologique, ni aux crises financières ou politiques, ni aux crises géopolitiques, mais à la mère de toutes les crises: celle du spirituel. Quelle vie spirituelle pour l'humanité, à l'heure où tout entière elle essaie de se rassembler dans la mondialisation? A l'heure où elle cherche un «projet de civilisation» qui ne soit pas seulement politique et économique mais qui nous permette de devenir plus humains? Comment donc grandir en humanité- la définition même du spirituel - et comment faire converger toutes les forces de la civilisation autour de cet objectif?

Voilà le défi qui se cache encore derrière tous les autres - et que nos grands médias, nos classes politiques n'ont pas encore eu la lucidité de voir alors même que, du côté des sociétés civiles, beaucoup de consciences ont déjà compris que, comme l'avait dit André Malraux, «le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas». Daesh? L'islamisme radical? Oui c'est l'urgence mais c'est une goutte d'eau dans l'immense tâche qui nous incombe aujourd'hui: sortir enfin des guerres de religion, sortir enfin du conflit immémorial entre les formes du sacré, pour aller ensemble vers un sacré partageable entre toutes les cultures, toutes les civilisations. Mais où est-il ce sacré partageable qui créerait l'unité spirituelle entre nous, sans abolir la diversité de nos croyances? Où est-il ce sacré dans lequel il y aurait à la fois la liberté de conscience et la transcendance, le bien politique et la vie spirituelle, la communion spirituelle et le respect du pluralisme de nos visions du monde? Au-delà de mes deux derniers livres, c'est l'axe de tous mes travaux depuis des années. Sans relâche, j'essaye de dessiner, d'esquisser les formes de ce sacré partageable - je m'y consacre à partir de l'intuition qu'il s'établira sur une vision de l'être humain, un humanisme complètement réinventé à partir de tous nos héritages d'Orient et d'Occident, critiqués et mis en mutation créatrice.

"Qu'ils regagnent l'estime générale en unissant leurs efforts à tous ceux aussi - c'est capital à mes yeux - qui refusent aussi bien un monde matérialiste, sans spiritualité, qu'un univers où telle religion domine tout sans laisser à chacun sa liberté de conscience et en fermant les portes extérieures pour créer une communauté close."

En vue de cet objectif élevé d'un sacré partageable qui soit un juge de paix nous évitant de nous battre, je demande solennellement aux musulmanes et aux musulmans européens de ne pas rester de leur côté, de ne pas céder à la tentation de se replier sur eux-mêmes dans la défense exclusive de leurs intérêts propres. Qu'ils répondent à la suspicion par l'ouverture. Qu'ils répondent au rejet par la contribution. Qu'ils répondent au mal par le bien, comme le conseille le Coran (41, 34). Qu'ils regagnent le respect et la considération de tous en s'associant intellectuellement et humainement, partout où c'est possible et par leur engagement social et politique de tous les jours, à tous ceux qui refusent un monde égoïste où l'on vit séparés en communautés et en tribus, et où l'homme est un loup pour l'homme. Qu'ils regagnent l'estime générale en unissant leurs efforts à tous ceux aussi - c'est capital à mes yeux - qui refusent aussi bien un monde matérialiste, sans spiritualité, qu'un univers où telle religion domine tout sans laisser à chacun sa liberté de conscience et en fermant les portes extérieures pour créer une communauté close.

Contre cela, cherchons ce sacré partageable que j'évoque ici à l'horizon de nos sociétés. Il commence là. Dans la lutte pour une fraternité sans frontières, qui travaille aussi bien à réduire les inégalités sociales qu'à combler les distances, les «coexistences» sans mélange, les fossés d'incompréhension, le choc des ignorances, des rejets et des peurs, entre les cultures et les croyances. Quand je parle du sacré et du spirituel, son sens est très simple: il surgit de cette fraternité qui crée du lien et qui fait grandir en humanité. Plus largement, vivre spirituellement c'est vivre relié: à soi, aux autres, à la nature et à l'univers. Nos individualités étouffent et meurent lorsque ces liens sont rompus ou endommagés - soit par une vie superficielle où l'on n'écoute plus sa voix intérieure, soit par une vie égoïste et indifférente à l'autre, soit encore par une vie loin d'une nature qui nous enseigne la façon sublime dont toujours la vie triomphe de la mort. Daesh? J'y insiste: sa seule force est de profiter de nos faiblesses. Si nous persistons à vivre en régime de «déliaison du monde», où la qualité de ce triple lien à soi, à autrui, à la nature, reste si mauvaise, alors le néant, le nihilisme, de Daesh viendra comme un poison s'infiltrer dans toutes nos brèches, dans toutes les blessures de nos liens. Travaillons à nous relier, resserrons nos liens, tous nos liens de sens et de fraternité, et Daesh n'aura pas pour nous diviser le passage d'une seule petite faille. Retissons les liens de fraternité avec nous-mêmes, avec les autres, avec la nature et l'univers. Respiritualisons le monde et nous aurons une chance de le guérir de ses souffrances."

Normalien, Abdennour Bidar est agrégé et docteur en philosophie. Il est chargé de mission à l'Éducation Nationale et est l'auteur de plusieurs ouvrages dont «L'islam sans soumission», «Plaidoyer pour la fraternité» ( Albin Michel) et «Lettre ouverte au monde musulman» (Les Liens qui Libèrent).


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