De nouvelles preuves accusent le régime syrien de crimes contre l'humanité

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AbdelHaqq
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De nouvelles preuves accusent le régime syrien de crimes contre l'humanité

Messagepar AbdelHaqq » Jeu 17 Déc 2015 02:43

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Prises par un déserteur du régime, des dizaines de milliers de photographies de corps défigurés par des actes de tortures ont été authentifiées grâce à de nouveaux témoignages recueillis par Human Rights Watch.

Les photos sont connues depuis plusieurs mois. Depuis que «César», un ex-photographe de la police militaire du régime qui s'était enfui de Syrie en juillet 2013, les a exfiltrées de Syrie. Elles montrent des yeux arrachés, des gens avec des lésions sur le dos ou le ventre, des corps décharnés et des centaines de cadavres gisant dans un hangar, au milieu de sacs de plastique devant servir à les enterrer.
Pendant neuf mois, Human Rights Watch a étudié 28.707 photographies parmi plus de 53.000 fichiers plus effroyables les uns que les autres. Ces photos sont une preuve «accablante» de crimes contre l'humanité, estime Human Rights Watch (HRW) dans un rapport rendu public mercredi. «Nous avons méticuleusement vérifié des dizaines de récits et nous sommes certains que les photographies de César sont des preuves authentiques et accablantes de crimes contre l'humanité en Syrie», affirme Nadim Houry, vice-président de Human Rights Watch (HRW) pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.
«Le choc de ma vie»

HRW a interviewé 33 proches de 27 victimes identifiées, 37 anciens prisonniers qui ont vu des personnes mourir en détention et quatre anciens gardiens de centres de détention ou hôpitaux militaires qui ont fait défection. Ahmad al-Musalmani avait 14 ans quand il a été arrêté en août 2012 parce qu'il avait sur son téléphone portable une chanson anti-Assad. Il essayait de passer la frontière libanaise pour assister à l'enterrement de sa mère. Son oncle, un ancien avocat, a payé plus de 14.000 dollars pour sa libération, en vain. Quand les photos de César ont été publiées, Dahi al-Musalmani a reconnu son neveu. «Ce fut le choc de ma vie. Je l'ai cherché pendant 950 jours. Avant de mourir sa mère m'avait dit: ‘Je le laisse sous ta protection. Quelle protection aurais-je pu lui donner?»
«Ces photographies représentent une infime partie des personnes qui sont mortes alors qu'elles étaient détenues dans les geôles syriennes. Des milliers d'autres subissent le même destin», a souligné Nadim Houry. «Ceux qui oeuvrent pour la paix en Syrie doivent s'assurer que les personnes qui ont supervisé ce système répondent pour leurs crimes», a-t-il ajouté, en référence aux pays qui prennent part aux pourparlers sur l'avenir du pays. Ce rapport intervient à un moment où les pays occidentaux, notamment la France, ne font plus du départ du président Bachar al-Assad une priorité, concentrant leurs efforts sur la lutte contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI) qui sévit en Syrie et qui a revendiqué une série d'attentats spectaculaires le 13 novembre à Paris ayant fait 130 morts.



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