En Egypte, "la situation est pire que sous Moubarak"

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AbdelHaqq
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En Egypte, "la situation est pire que sous Moubarak"

Messagepar AbdelHaqq » Mer 24 Fév 2016 20:31

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En juillet 2012, il avait approuvé le renversement par le maréchal Sissi du Frère musulman Mohamed Morsi, le premier président démocratiquement élu de l’histoire de l’Egypte.

"Je ne le regrette pas, déclare l’écrivain Alaa el-Aswany. Morsi avait fait voter quelques mois plus tôt un amendement constitutionnel qui préparait la voie à un Etat islamiste. Nous étions descendus dans la rue massivement le 30 juin 2012 pour réclamer sa chute et les islamistes menaçaient de tuer tout le monde. Mais une intervention militaire ne signifie pas nécessairement l’arrivée de l’armée au pouvoir."

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Aujourd’hui, l’écrivain vivant le plus célèbre d’Egypte est interdit de parole publique. "J’ai commis le tort d’écrire que l’élection du président Al-Sissi [en 2014, NDLR] n’était pas démocratique. Depuis, je ne peux plus publier d’articles dans les journaux, ni apparaître sur aucune chaîne. Ils me considèrent comme une personne à problème. C’est mon métier de faire des problèmes."

Il est régulièrement attaqué par des présentateurs de télévisions privées, mais inféodées au régime.

On m’accuse d’être un agent à la fois de la CIA, du Mossad, de la Turquie et du Qatar. Je leur ai répondu qu’il fallait être parfaitement idiot pour croire que l’on pouvait émarger à tous ces services en même temps !"

La situation est, selon lui, "encore pire que sous Moubarak". Car le raïs déchu laissait subsister une certaine liberté d’expression.

Plus précisément, nous étions libres de bavarder. Le marché qu’il nous proposait était le suivant : ‘Dites ce qu’il vous plait et moi je fais ce que je veux’. Les chefs actuels de la sécurité estiment que c’était une faute grave de laisser cet espace de parole et considèrent que les intellectuels comme moi sont des gens dangereux."

Dans un livre paru en 2014 chez Actes Sud (1), Alaa el-Aswany démontre que l’extrémisme religieux et la dictature sont les deux faces des "malheurs de l’Egypte". "Dès leur arrivée au pouvoir en 1952, les militaires ont utilisé les Frères musulmans pour se débarrasser des forces démocratiques. Entre eux et les islamistes, c’est une lutte de pouvoir. Entre eux et nous, les démocrates, le conflit est radical."




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