Ce qui se passe aujourd'hui est le fruit des politiques d'hier

La prières, ramadan, hadj, zakat ont aussi un but spirituel. Ici on parle du "pourquoi".
touhami
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Ce qui se passe aujourd'hui est le fruit des politiques d'hier

Messagepar touhami » Sam 10 Oct 2015 11:10

De Neauphle-le-Château à nos jours : la Révolution islamique iranienne a ouvert la voie au monde musulman. Tout est parti de là. Ce qui se passe aujourd'hui n'est que le fruit des politiques produites hier notamment par le monde occidental. Les dirigeants arabes ont été également dépassés :

A Neauphle-le-Château, en banlieue parisienne, l’ayatollah Khomeiny s’apprête, en cette année 1979, à regagner son pays : l’Iran. Le Shah, en ce jour du 16 janvier 1979, est contraint à l’exil. L’Egypte, puis le Maroc, avant le continent américain. D’ailleurs, la présence du Shah en Amérique sera prétexte à une prise d’otages de l’ambassade américaine basée à Téhéran.

Après quinze ans d’exil, le 1er février 1979, Khomeiny s’envole pour Téhéran à bord d’un avion d’air France. Accueilli en véritable héros, il devient l’incontestable guide spirituel de tout un peuple. La République islamique d’Iran est née. Le monde entier va s’enquérir de cette religion : l’islam. Les Arabes, les musulmans du monde entier vont tous se retrouver dans cet homme charismatique qui va défier l’Occident et tout particulièrement l’Amérique, au nom de la foi islamique. Cette révolution iranienne va conditionner toutes les transformations dans le monde musulman, jusqu’à ce jour.

L’Amérique, vainqueur de la guerre froide, se heurte à un monde qu’elle ne connaît pas, dont elle ignore tout : le monde musulman. Pris de vitesse par cette soudaine révolution islamique, les Américains vont jouer la carte Saddam Hussein — Président Irakien — et le convaincre d’attaquer l’Iran, en prévention d’une imminente exportation de la révolution islamique sur le sol irakien. En effet, une importante communauté chiite vit en Irak. Pour cela, les Occidentaux vont fournir toutes les armes nécessaires aux Irakiens. Mais, après neuf ans de guerre, et plus de un million de morts, l’Irak et l’Iran, tous deux asphyxiés, signent un accord de paix après de difficiles négociations conduites notamment sous l’égide de la diplomatie algérienne. Cette guerre fut probablement la première énorme faute politique et morale de Saddam Hussein. Le raïs irakien mettra un genou à terre.

Désemparée, l’Amérique va alors jouer avec le feu. Après avoir porté les talibans au pouvoir en Afghanistan par pur intérêt, et formé, auparavant, Ben Laden aux armes (CIA) — l’homme fondateur d’Al-Qaïda — elle sera maître-d’œuvre d’une entreprise de déstabilisation en Asie centrale et au Moyen-Orient. La CIA et le MOSSAD, principalement, tendent un piège à Saddam Hussein au Koweït. Ainsi, la deuxième erreur stratégique du Président irakien sera de partir à l’aventure, en envahissant, en août 1990, le Koweït. Il en sera chassé par une coalition de plus de 30 pays. Cette fois, Saddam Hussein met les deux genoux à terre. L’Iran tient sa revanche et attend patiemment que les Occidentaux portent l’estocade finale.

11 septembre 2001, l’attentat du Word Trade Center donne l’occasion à l’Amérique d’envahir l’Afghanistan, pays soupçonné d’abriter des camps d’entraînement de terroristes. En 2003, ce sera le tour de l’Irak d’être envahi ; ce pays n’a pourtant rien à voir avec les spectaculaires attentats de Manhattan. Les troupes anglo-américaines rentrent à Bagdad sans trouver de grande résistance sur leur route. Saddam Hussein tombe définitivement à terre. Il ne se relèvera plus et sera pendu le 30 décembre 2006, précisément le jour de la fête du sacrifice d’Aïd-El-Kébir. Georges W. Bush tenait à humilier, une fois de plus, le monde arabe. Il réussit son coup. Mais à quel prix ? L’Amérique va s’enliser en Irak et connaître l’enfer. Les soldats américains vont être confrontés à un ennemi insaisissable et mystique : les attentats terroristes et la religion musulmane dont ils ignorent tout. En effet, les GI vont se battre contre un adversaire invisible, prêt à mourir pour sa foi et à utiliser, pour cela, toutes les armes quitte à mourir en martyr. Plongés dans l’irrationnel, les GI sombrent dans la folie, le suicide. Beaucoup désertent. Cédant à la panique, ils tirent sur tout ce qui bouge, basculent dans une peur terrifiante, devenant les captifs d’une horrible épouvante. L’Amérique arrogante et sûre d’elle, affichant ses armes de dernier cri, a ignoré les dimensions religieuses et ascétiques d’un pays fait d’hommes capables de braver la mort à tout instant. En Irak, on meurt comme on vit. Tout est prédestiné, rien n’est définitif. Les Américains sont entrés en pays inconnu, ils en sortiront méconnus.

Cet Occident hautain, cynique, impudent, se croyant indestructible, a fini par se créer lui-même un ennemi ; un ennemi imprévisible, idolâtrant la mort et s’adjugeant l’au-delà comme refuge éternel. Les esprits rationalistes sont perdus, égarés, tétanisés à la simple peur de mourir, craignant la suprême et terrible souffrance d’une fin de vie. Les esprits mystiques et passionnés sont à l’épreuve, celle de leur foi ; mourir c’est être fidèle à ses croyances, à un départ imminent pour l’au-delà, un rachat pour une absolution, et en prime une rédemption, un salut de l’âme. Occident et Orient se sont affrontés ; l’Orient a gagné. Parce que le premier aime et s’accroche trop à cette vie, le second se fiche bien de cette vie qu’il considère comme un simple tremplin, une banale passerelle conduisant vers l’au-delà.

Touhami Moualek

source :
http://mtouhami.fr/de-neauphle-le-chateau-a-aujourdhui/



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