Programmes scolaires : dictée, calcul... et une nouvelle manière d'enseigner

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AbdelHaqq
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Programmes scolaires : dictée, calcul... et une nouvelle manière d'enseigner

Messagepar AbdelHaqq » Lun 21 Sep 2015 21:41

Avec ces nouveaux programmes, le Conseil Supérieur des Programmes et le ministère de l’Education font le pari que les enseignants changeront leur manière de faire cours.

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La ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem est très satisfaite des nouveaux programmes du CP à la troisième, que Michel Lussault, le président du Conseil Supérieur des Programmes (CSP), lui a présentés le 18 septembre. Ils répondent au cahier des charges, et intègrent les critiques émises à leur endroit lors de la consultation des enseignants en juin dernier.

On se souvient des polémiques : en histoire, des thèmes laissés au choix des professeurs, qui donnaient le sentiment que l’on "trappait" le Siècle des Lumières, ou que l’on privilégiait l’étude de l’Islam au détriment du Moyen Âge en France ; dans d’autres matières, une novlangue incompréhensible… Tous ces soucis sont envolés. Les options en histoire ont disparu. Le jargon ridicule du programme d’éducation physique et sportive a été rectifié... Quoique le "milieu aquatique profond standardisé" a laissé la place au "milieu naturel aménagé ou artificiellement recréé", à peine moins abscons. Passons.

Au vu de cette nouvelle mouture, la ministre s’est donc félicité de la perspective d’"apprentissages solides", fondés sur "la répétition" (vive le retour de la dictée et des exercices de calcul mental quotidiens) ; de la priorité données à la "maîtrise du langage", avec la part belle faite à l’expression orale ; de la place de la culture "numérique" ; du développement de "l’esprit critique", avec l’enseignement moral et civique introduit dès cette année au collège, un paradoxe pour certains qui estiment que ce dernier formate l’esprit plutôt qu’il ne le libère.

Objectif : socle commun

Pour sa part, Michel Lussault insiste sur le fait qu’il s’agit d’une première. Jamais dans l’histoire de l’éducation en France, on avait repensé ensemble les programmes du CP à la troisième, en partant de ce que les élèves doivent savoir à l’issue de la scolarité obligatoire : ce qu’on appelle en France le socle commun de connaissances et de compétences, et ailleurs de façon un peu mystérieuse, le "curriculum".

Ils ont l’immense avantage de corriger les errements des programmes de 2008, trop lourds, selon les enseignants", qui devaient se dépêcher "sans avoir le temps de vérifier ce que les élèves maîtrisaient", poursuit Najat Vallaud-Belkacem.

Avec les conséquences que l’on sait : aujourd’hui, 15 à 20% des élèves ne possèdent pas le bagage minimum à 15 ans, et les évaluations internationales classent la France dans une petite moyenne.

Pourtant, l’essentiel est ailleurs. Bien sûr, avec un programme "resserré", le professeur l’aura terminé à la fin de l’année sans avoir eu à courir la poste. Mais au-delà de ce nouveau confort, l’objectif est de "permettre de dispenser un enseignement plus attentif à ce qui est acquis", lit-on dans le préambule du volume de 372 pages remis à Najat Vallaud-Belkacem.

"Le CSP n'est pas une bande de khmers pédagogistes"

Il y a de l’implicite dans cette formule. Pour s’assurer que tous les élèves apprennent correctement, beaucoup de professeurs vont devoir revoir leur manière de travailler. "Nous n’avons pas voulu descendre dans le détail des pratiques", assure pourtant Michel Lussault, qui rappelle que le CSP n’est pas formé d’"une bande de khmers pédagogistes". Mais le CSP a tout de même inscrit la dictée, le calcul mental, la lecture quotidienne comme activités obligées pour les professeurs des écoles, par exemple.

Ce n'est pas de la prescription didactique, mais une vigilance sur certains points de passage obligés", poursuit le président du CSP.

En réalité, les points de vigilance sont très très nombreux, et dans les trois cycles : pour toutes les compétences et connaissances que les élèves sont censées acquérir, les programmes donnent aux professeurs des exemples d’activités à faire en classe.

Cette nouvelle Bible accompagne la généralisation des enseignements interdisciplinaires, et une plus grande attention accordée aux élèves qui peinent. Elle sous-tend la refondation de l’école. Libre aux professeurs de jouer le jeu. La formation continue, dont le budget est passé de 40 millions d’euros à 70 millions d’euros cette année, devrait les y aider.

"C’est l’ensemble du fonctionnement du système scolaire et des pratiques des enseignants que nous visons, reconnaît Michel Lussault. Les professeurs doivent être vigilants sur les méthodes. L’école c’est sérieux, ce n’est pas forcément ennuyeux", poursuit-il. Ces nouveaux programmes sont conçus comme un levier pour faire évoluer le métier. C’est un sacré pari.

Caroline Brizard



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